Egypte : à Alexandrie, la fin, teintée de regrets, du tramway historique

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Egypte: à Alexandrie, la fin, teintée de regrets, du tramway historique.

Alexandrie (AFP) - C'est le plus vieux d'Afrique : sur la côte méditerranéenne, le tramway historique d'Alexandrie, en Egypte, cessera de rouler dans quelques semaines, au grand dam de ses usagers qui déplorent une perte pour le patrimoine et l'identité de leur ville.

L'une des rares au monde à disposer de voitures à étage, cette ligne a été inaugurée en 1863, à l'époque du développement d'une métropole dynamique et cosmopolite, accueillant une importante communauté européenne. 

Aujourd'hui, jeunes et moins jeunes se pressent pour un dernier voyage dans les rames bleues, avant leur arrêt définitif, prévu en avril, pour un vaste chantier de modernisation du réseau. 

"Nous ne sommes pas contre le progrès", explique à l'AFP la psychologue et critique culturelle Mona Lamloum, reconnaissant que des travaux de rénovation et d'embellissement seraient bienvenus. 

"Mais nous avons eu de fâcheuses expériences, avec ce qu’ils appellent progrès et qui devient synonyme de destruction", regrette-t-elle.

Ces dernières années, des projets de développement dans la deuxième plus grande ville d'Egypte ont abouti à la disparition de parcs publics et à la privatisation d'une bonne part des accès à la mer Méditerranée, provoquant la colère des riverains.

Depuis plus de 160 ans, ce tramway traverse le coeur d'Alexandrie et dessert de nombreuses écoles et les principales universités, sur environ 11 km. 

Le nouveau projet, mené par des entreprises égyptiennes et internationales, dont le français Systra, le sud-coréen Hyundai et le japonais Hitachi, promet de doubler la vitesse et de tripler la capacités d’accueil de voyageurs.

Mais son tracé - aérien sur plus de la moitié de sa longueur et avec des parties souterraines - inquiète les habitants, attachés à ses voies bordées d'arbres qu'ils craignent de voir remplacés par des pylônes en béton.

Pour le ministère des Transports, ce projet est "la seule solution aux problèmes de circulation de la ville". Ce que contestent des usagers, estimant au contraire que cela renforcera la dépendance à la voiture et aggravera les embouteillages.

Professeur de sciences à la retraite, Hisham Abdelwahab, prend le tram depuis son enfance.

Il "fait partie de notre patrimoine", confie ce sexagénaire qui aime "regarder le monde défiler" à travers ses vitres. "Nos parents n'hésitaient jamais à nous laisser prendre le tram seuls. Et même si j'ai une voiture, j'aime bien la laisser garée pour monter dans le tram".

Etudiant en ingénierie de 24 ans, Mahmoud Bassam vient à Alexandrie uniquement pour prendre le tramway, "puisque notre tram a disparu au Caire".

C'est dans le cadre des travaux controversés de construction de ponts et d'élargissement de rues achevés en 2020, que le quartier historique d'Héliopolis, dans la capitale égyptienne, a perdu ses dernières voies de tramway, ainsi qu'une grande partie de ses arbres. 

"C'est comme la mer. Avant, nous faisions de longues promenades en voiture sur la corniche, mais maintenant, nous perdons à la fois la mer et le tramway", résume Hisham Abdelwahab.

Une grande partie de la corniche emblématique d'Alexandrie est de fait désormais envahie de commerces, restaurants de plages et passerelles, avec aussi une double quatre voies sur de longs tronçons du littoral et des vues sur mer de plus en plus rares.

This article was published Saturday, 7 March, 2026 by AFP (516 words)
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A une station de tramway d'Alexandrie, le le 18 février 2026 - Khaled DESOUKI (AFP)

A une station de tramway d'Alexandrie, le le 18 février 2026 - Khaled DESOUKI (AFP)


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