Double séisme au Venezuela : la nourriture manque, les épidémies menacent

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Double séisme au Venezuela : la nourriture manque, les épidémies menacent.

La Guaira (AFP) - Entre nourriture qui manque et épidémies qui menacent, le Venezuela parait au plus pressé mercredi, une semaine après son pire séisme depuis plus d'un siècle, qui a fait plus de 2.000 morts et des dizaines de milliers de disparus.

Devant l'ampleur du drame, la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, a décrété mercredi un deuil national de sept jours "en hommage à la mémoire des victimes".

Leur nombre a été revu à la hausse avec 2.295 morts et plus de 11.000 blessés, selon le président de l'Assemblée nationale Jorge Rodriguez, alors qu'il s'établissait mardi à un peu moins de 2.000 morts.

Chaque heure qui passe réduit les probabilités de retrouver des survivants, comme cet enfant de trois ans sauvé miraculeusement mardi par des secouristes jordaniens

A La Guaira (nord), l'Etat côtier le plus durement touché, des dizaines de bâtiments détruits portent une grande lettre D peinte à la bombe. Signifiant "deceased" (décédés), selon la nomenclature internationale pour les opérations de recherche et de sauvetage lors de tremblements de terre, elle enterre les espoirs de trouver des survivants sous les décombres

Dans un pays déjà soumis ces dernières années aux restrictions de l'information, le gouvernement a limité après le drame l'accès à La Guaira en imposant aux bénévoles un laissez-passer.

"Il a été extrêmement difficile d'atteindre le territoire vénézuélien", explique à l'AFP Luis Arteaga Benatuil, membre du groupe espagnol de recherche et de sauvetage USAR 13. "Nous arrivons tard, mais notre objectif demeure de sauver des vies".

La catastrophe du 24 juin n'a pas rendu toutes ses victimes. Les Nations unies estiment que 50.000 personnes sont portées disparues

- "Dire la vérité! -"

L'ampleur des dégâts matériels a plongé une partie du pays dans le chaos. "Le plus grave, ce sont les morts", tempête Gladys Barrios, 76 ans. "Je vous demande de dire la vérité".

Pour les vivants, les autorités vénézuéliennes ont installé des centres de distribution d'aide mais les rescapés se sentent davantage soutenus par les étrangers et les bénévoles.

"Au début, tout se passait bien, mais ensuite la mauvaise organisation a commencé : d'abord les soldats eux-mêmes se servaient et puis tu te retrouvais avec ce qui restait", raconte Yohana Alvarez, une vendeuse déplacée.

Quatre policiers vénézuéliens ont été arrêtés pour des pillages dans la zone du double séisme, a annoncé le ministère de la Justice sur les réseaux sociaux après la publication devenue virale d'agents pris la main dans le sac par des habitants furieux.

Les zones touchées semblent avoir été rasées au sol, avec d'immenses trouées au coeur d'habitations debouts mais désormais inutilisables.

Sur la base d'images satellitaires, la Nasa estime qu'environ 58.870 bâtiments ont été endommagés ou détruits.

Dans l'État de La Guaira, "les pénuries alimentaires sont généralisées, les services de base se sont effondrés et les communications sont en grande partie coupées", s'est alarmé mardi le Haut-commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR).

- "Combat de coqs" -

"Les tensions au sein de la population s'accroissent, alors que l'accès à l'aide demeure limité".

"Il arrive que les gens manquent de s'entretuer pour de la nourriture. C'est comme un combat de coqs", lance Daniela Armas, 18 ans, une vendeuse de La Guaira, après avoir attendu pour obtenir de la nourriture dans un centre d'hébergement d'urgence.

"La situation est assez critique", a déclaré Lia Poggio, cheffe de mission au Venezuela pour l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Fátima Berroterán, 56 ans, habitait dans l'une des 20 tours de la résidence Brisas de Maiquetía. Elle et sa famille dorment sur le parking

"Ici, rien ne nous arrivait. C'est seulement depuis cette nuit qu'ils ont commencé à nous apporter de l'eau", explique-t-elle. "La plupart n'a pas de tentes". 

Le Programme alimentaire mondial (PAM) a lancé un appel à 50 millions de dollars pour nourrir 500.000 personnes pendant trois mois.

- "Je suis démolie" -

De nombreuses familles "sont menacées de sombrer encore plus dans la précarité", craint Stephanie Hochstetter, responsable de l'agence onusienne dans le pays.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) redoute en outre des épidémies et s'inquiète de systèmes "inadéquats" de suivi des disparus et d'enregistrement des victimes

Les perturbations des services de santé, des réseaux d'eau et d'assainissement, combinées aux déplacements de population, pourraient favoriser des flambées "de maladies évitables par la vaccination comme la rougeole, la diphtérie et la coqueluche", a averti un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier

Le HCR chiffre lui ses besoins à environ 15 millions de dollars, notamment pour abriter temporairement 30.000 personnes pendant six mois.

Diorjailis Escalona, une médecin de 23 ans, devenue volontaire est "démolie de voir tant de vies perdues". "Mais on essaie d'aider", tranche-t-elle.

Les Etats-Unis ont doublé le montant de l'aide bilatérale après la tragédie, pour un total de 300 millions de dollars dirigés vers les ONG et agences onusiennes.

Deux mille Américains environ participent aux opérations, a dit mercredi aux journalistes le général Francis Donovan, chef du Commandement Sud des États-Unis.

This article was published Thursday, 2 July, 2026 by AFP (800 words)
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Des secouristes et bénévoles recherchent des survivants dans les déocombres de bâtiments effondrés à Caraballeda, dans l'Etat de La Guaira, le 1er juillet 2026 au Venezuela - Nicholas SHEARMAN (AFP)

Des secouristes et bénévoles recherchent des survivants dans les déocombres de bâtiments effondrés à Caraballeda, dans l'Etat de La Guaira, le 1er juillet 2026 au Venezuela - Nicholas SHEARMAN (AFP)


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