Crise oblige, les Chinois craquent pour l'occasion et les prix bas
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Crise oblige, les Chinois craquent pour l'occasion et les prix bas.
Shanghai (AFP) - Pantalons à deux euros, électroménager ou manteaux : acheter d'occasion n'est plus jugé dévalorisant en Chine. Avec le ralentissement économique, le chômage des jeunes et la crise immobilière, les consommateurs plébiscitent magasins et applis de seconde main.
Stimuler la consommation fait partie des objectifs prioritaires des dirigeants chinois à l'occasion des "Deux Sessions" parlementaires, grand-messe politique annuelle qui s'ouvre mercredi à Pékin. Mais la tâche s'annonce ardue.
"Les fins de mois sont difficiles, tout le monde cherche des articles moins chers", explique Mme Liu, une quadragénaire de Shanghai qui achète régulièrement des livres de seconde main.
L'occasion a longtemps eu mauvaise réputation en Chine. Ces objets étaient perçus comme sales ou associés à la pauvreté. Mais les habitudes évoluent.
"Un thé au lait gratuit sera toujours mieux qu'un thé au lait payé plein pot !", résume Mme Liu.
En ligne, deux applications dominent le marché florissant de l'occasion : Xianyu (plus de 600 millions d'utilisateurs) du géant du e-commerce Alibaba, et Zhuanzhuan, soutenue par Tencent, l'autre mastodonte chinois de l'internet.
Xianyu a ouvert son premier magasin en dur en 2024. Elle en compte aujourd'hui plus d'une vingtaine.
Ses points de vente ressemblent aux boutiques caritatives européennes, avec des peluches côtoyant poussettes et baskets plus ou moins usées.
Zhuanzhuan a ouvert l'an passé à Pékin un grand magasin physique, avec sacs à main de marque et consoles de jeu.
Les consommateurs chinois deviennent aussi plus soucieux de l'environnement, avance Li Yujun, fondatrice d'un magasin d'occasion à Shanghai.
Mais le principal attrait reste les prix bas, reconnaît-elle, avec des articles 40 voire 70% moins chers que le neuf.
Malgré les efforts du gouvernement, la consommation n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant la pandémie.
Les vacances du Nouvel An chinois (15-23 février) ont été cette année plus longues que d'habitude, avec neuf jours fériés consécutifs, censés inciter les gens à voyager et à se divertir.
Certes, un nombre record de 596 millions de voyages en Chine ont été effectués durant cette période.
Mais les dépenses touristiques par habitant étaient inférieures de 8,8% à leur niveau pré-pandémie, et même en baisse de 0,2% sur un an, selon Goldman Sachs.
Les autorités ont massivement financé ces derniers mois les ventes de certains produits (électronique, meubles, électroménager, automobile), notamment avec des coups de pouce à l'achat et un système de reprise.
Mais le système a eu "un effet limité", estime Duncan Wrigley, du cabinet Pantheon Macroeconomics. "Cela a simplement avancé des achats qui auraient été faits de toute façon, et a conduit les gens à réduire leurs autres dépenses", juge-t-il.
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Des passants devant un magasin de seconde main à Shangaï, en Chine, le 10 février 2026 - Jade GAO (AFP)